corail en bois de cerf

Étrange corail

L’idée qu’on se fait des océans, c’est globalement des poissons, des crustacés, quelques mammifères et parfois d’autres bestioles étranges dont on ne connaît pas grand chose. Le tout évoluant dans ces immensités aqueuses, parfois assez belles et attirantes pour figurer sur toutes les cartes postales que l’on envoie à ses grands-parents quand on part en voyage, souvent trop vastes et trop sombres pour que l’on s’y aventure.
Les coraux, on n’y pense pas souvent, on ne sait pas trop ce que c’est. Des plantes sous marines ? Du plancton ? Des roches ? Aucune idée. Tout ce qu’on sait, c’est qu’apparemment, ils sont en danger et que c’est pas une bonne nouvelle.
Je vais essayer de vous expliquer assez simplement, en évitant les termes scientifiques, ce qu’est réellement le corail. Et à l’occasion, pourquoi les coraux sont importants et comment leur survie est compromise.

Alors qu’on soit clairs tout de suite : les coraux sont des animaux. Des petits animaux. Tout petits. Entre 1 et 3 millimètres de diamètre.

polype corail

Gros plan sur des polypes de corail

« Mais alors c’est quoi ce qu’on voit sous l’eau, ces grosses structures de toutes les formes et tailles ? » Ben en fait, une formation corallienne, comme on les voit sous l’eau à l’oeil nu, parfois rondes, parfois en branches, tables ou autres formes, c’est une colonie de coraux. Et ces colonies forment les récifs, qui sont, par ailleurs, les plus grandes structures vivantes que l’on peut rencontrer sur cette planète. La plus connue étant la grande barrière de corail, en Australie.

cross-section-of-a-generalized-coral-polyp-BB49N7Pour en revenir à notre corail : on l’appelle en fait polype. C’est une espèce de petit grain de riz mou, translucide, avec un orifice et des tentacules en son sommet, et un squelette solide à sa base. Comme ça, il faut avouer que ça fait pas rêver. Sachez par ailleurs que le polype fait partie du même groupe d’espèces animales que les méduses (les cnidaires précisément). Enfin on est quand même loin des structures complexes et imposantes qu’on voit sous l’eau quand on fait de la plongée ou du snorkeling là ? Oui.

Parce qu’en fait, avant d’en arriver là, il faut du temps. Les espèces massives grandissent d’environ 0,5 à 2 centimètres par an. Les espèces en branches, grandissent en moyenne de 10 centimètres par an. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a le temps de les voir pousser. Quand on sait qu’une colonie peut mesurer plusieurs mètres de diamètre…
Laissez moi désormais vous expliquer comment les colonies se forment. À l’origine, c’est un polype, le petit animal dont on a parlé, qui trimballé au gré des courants, fini par se poser sur une roche. Ses tentacules lui permettent de se nourrir de nutriments qui passent sous son nez (il n’a pas de nez). Ceci pour pouvoir solidifier et développer son squelette calcaire en sa base, qui lui permettra de s’accrocher définitivement à son rocher, mais aussi de se rétracter à l’intérieur en cas de danger. Au fur et à mesure qu’il se nourrit, sa base calcaire va grandir périodiquement, couche après couche. Il arrive un point où la base est assez grande pour laisser bourgeonner un second polype, qui va suivre le même schéma de développement. Petit à petit, c’est une colonie qui se forme.
Répétez ce processus à des millions de polypes et des centaines de colonies, et vous obtenez un récif corallien.

Ces récifs sont d’une importance capitale pour les océans mais aussi pour beaucoup d’humains. Ils représentent seulement 0,2% des fonds marins, mais abritent plus de 25% de toutes les espèces marines. Ce sont aussi des nurseries pour beaucoup d’espèces vivant au large, et d’immenses garde-mangers. Ils sont donc capitaux dans le cycle de vie du monde marin. Ils permettent également de protéger les côtes de l’érosion grâce à l’absorption de l’énergie des vagues, de créer des zones propices à la naissance de mangroves…
Comme vous pouvez l’imaginer, cette importance écologique des récifs coralliens en fait une priorité sanitaire et économique pour de nombreux humains (850 millions) vivant à moins de 100 kilomètres d’un récif corallien (ressources alimentaires, revenus de ces ressources, tourisme…).

Le cycle de développement lent des coraux, leur impossibilité de se déplacer font, entre autres, qu’ils sont vulnérables aux modifications brusques de leur écosystème. Aujourd’hui, de nombreuses perturbations telles que : la pollution des océans, l’augmentation de la température de l’eau, la turbidité, les tempêtes de plus en plus fréquentes, le développement d’espèces invasives, la sur-pêche, le tourisme (liste non-exhaustive) mettent en péril les récifs.
L’une des conséquences les plus connues de cette dégradation est le blanchissement des coraux. Le processus est un peu complexe, mais il a pour conséquence d’affaiblir grandement les coraux, et souvent, de provoquer leur mort.

J’aimerai pouvoir vous dire qu’il est possible d’y remédier, mais le phénomène est global et il est impossible de maîtriser tous les facteurs qui y contribuent. De nombreux scientifiques ou amateurs s’engagent pour planter et développer des fermes à coraux, pour protéger les récifs existants, mais aussi mener des recherches visant à sélectionner des espèces de coraux résistantes à ces nouvelles conditions. Je ne vais pas vous le cacher, parti comme c’est, il y a du souci à se faire.
Voici quelques idées et attitudes à adopter à notre échelle :
– Lorsque vous faites du snorkelling ou de la plongée, ne touchez pas aux coraux : ne marchez pas dessus, ne vous y agrippez pas, ne les ramassez pas. Ne touchez pas non plus aux animaux qui peuplent les récifs. Ils font partie intégrante de l’écosystème et les bouleverser peut entrainer un dérèglement de celui-ci. De plus, ils ne vous ont rien demandé, et ne sont pas des bêtes de foire.
– Évitez de participer au développement d’activités touristiques qui mettent en danger les récifs et leurs habitants.
– Cela peut paraître évident pour certains, mais c’est loin d’être le cas pour tous : ne jetez pas vos déchets dans la nature, évitez les sacs/emballages plastiques et autres objets jetables.
– Pour les plongeurs (ou futurs plongeurs), de nombreux organismes existent qui ont pour objectif de protéger les récifs, de créer des fermes à coraux… Je ne les connais pas assez pour vous vous en faire la promotion, mais sachez qu’il est assez facile de participer à de ces programmes.

ferme à coraux

Fermes à coraux – Komodo, Indonésie

– Le business des aquariums d’agrément participe à la dégradation des récifs (méthodes de pêche parfois destructrices, prélèvement d’espèces menacées). Évitez donc.
– D’autres actions sont possibles à notre échelle, ne vous retenez pas !

 

4 réflexions sur “Étrange corail

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